Il y a quelques semaines, je suis partie pour mon tout premier trek en raquettes dans les Alpes. Trois jours dans le Vercors, au cœur des hauts plateaux enneigés. Nous étions un groupe de 14 personnes, dont Robin, notre guide de montagne. Au programme : deux nuits en refuge, de longues marches en raquettes et une immersion totale dans l’hiver alpin.
Ce trek était une première à bien des niveaux. Première fois en raquettes sur plusieurs jours. Première nuit en refuge en plein hiver. Première vraie immersion dans un environnement de montagne enneigé, loin des sentiers belges.
Avant de partir, les questions étaient nombreuses. Est-ce que j’allais tenir physiquement ? Allais-je avoir assez chaud ? Est-ce que j’arriverais à porter mon sac sur plusieurs jours ? Et surtout, est-ce que j’étais vraiment prête pour un trek hivernal en montagne ? Entre excitation et appréhension, ce premier trek en raquettes dans les Alpes a été une vraie sortie de zone de confort.
Dans cet article, je vous partage mes doutes avant le départ, les aspects pratiques à connaître, ce que l’accompagnement d’un guide change réellement pour une première fois, et ce que ces trois jours dans le Vercors m’ont apporté.
Ce séjour s’est déroulé dans le cadre d’une collaboration avec Grand Angle, agence de voyages spécialiste de l’Europe. Comme toujours, je reste entièrement libre du contenu partagé ici et de mon retour d’expérience.
Se préparer pour un trek en raquettes dans les Alpes
Avant même de chausser les raquettes, mes interrogations ont commencé… Partir pour un trek en raquettes dans les Alpes quand on vit en Belgique demande un minimum d’anticipation. Et je dois aussi être honnête : je fais partie de ces personnes qui se posent mille questions avant de partir !
Comment aller dans le Vercors depuis la Belgique ?
Mon trek s’est déroulé sur les Hauts Plateaux du Vercors, que je ne connaissais que de nom.
J’ai tout d’abord longtemps hésité entre la voiture et le train. Sur le papier, la voiture semblait plus simple. Mais huit heures de route avant même de commencer à marcher, l’incertitude sur l’état des routes en montagne et l’absence de pneus neige ont rapidement calmé mon enthousiasme.
J’ai donc finalement choisi le train, de Bruxelles à Grenoble, avec un changement à Lyon. En partant tôt le matin, je suis arrivée en début d’après-midi à Grenoble, ce qui m’a permis de prendre le temps de découvrir la ville avant de rejoindre le groupe le lendemain matin. Depuis Grenoble, nous avons terminé le trajet en covoiturage jusqu’à notre point de départ grâce à un groupe WhatsApp crée pour l’occasion.
Que mettre dans sa valise pour un trek en raquettes ?
Si le transport m’a fait hésiter, la préparation du sac m’a encore plus stressée.
Trop prendre ? Pas assez ? J’avais peur d’oublier quelque chose d’essentiel… ou au contraire de me retrouver avec un sac beaucoup trop lourd à porter pendant trois jours.
Je me suis vite rendu compte que pour un trek hivernal, la qualité compte bien plus que la quantité. De bonnes couches techniques, une protection efficace contre le froid et quelques pièces bien choisies valent mieux qu’un sac rempli “au cas où”.
Avec le recul, certains éléments ont été indispensables. D’autres auraient très bien pu rester à la maison. Je vous en parlerai plus en détail dans un prochain article.
Pourquoi choisir un guide pour un trek en raquettes ?
Si je suis totalement honnête, je ne me serais probablement pas lancée seule dans un trek en France. En hiver, les conditions peuvent changer vite. Le froid, le vent, l’orientation… Tout cela demande une vraie connaissance du terrain.
D’abord pour la sécurité. Robin gérait l’itinéraire et adaptait le rythme au groupe. Je pouvais me concentrer sur ma marche, sur mes sensations et admirer le paysage en toute sérénité.
Ensuite pour l’apprentissage. Marcher avec un guide, ce n’est pas seulement suivre quelqu’un. C’est comprendre ce qui nous entoure. Lire les traces d’animaux dans la neige. Observer les reliefs. Découvrir l’écosystème fragile du Vercors en hiver. Je ne m’attendais pas à apprendre autant en trois jours.
Enfin, il y a un aspect auquel je n’avais pas du tout pensé avant de partir : la logistique.
En effet, Robin avait déjà fait un premier aller-retour au refuge pour monter une partie de la nourriture. Tout était organisé en amont. Et surtout, le refuge était réservé pour notre groupe, ce qui évite la mauvaise surprise d’arriver et de découvrir qu’il est complet.
Au refuge, les conditions étaient rustiques : pas d’eau courante et un seul poele pour nous chauffer… Mais dès le premier soir, Robin avait prévu une raclette préparée à la poêle. Et même les ingrédients pour un cheesecake en dessert. Bref, tous les repas du séjour avaient été anticipés.
Ne pas devoir penser aux repas, aux quantités, à l’itinéraire, aux horaires… Cela libère une énergie mentale énorme. Surtout quand, comme moi, on a tendance à trop cogiter.
Trois jours de trek en raquettes dans le Vercors
Mais concrètement, comment se sont déroulés ces trois jours ?
Jour 1 – Monter jusqu’au refuge
En tout début d’après-midi, nous partons du foyer de ski de fond du hameau de la Richardière, près de Chichilianne. On fait connaissance, Robin distribue les raquettes et les bâtons… et c’est parti.
Au programme : environ 4 km, mais surtout 560 mètres de dénivelé positif pour rejoindre notre refuge. Autant dire que la mise en jambes est rapide.
Très vite, le mont Aiguille apparaît. Il sera notre point de repère pendant ces trois jours. Son sommet, considéré comme l’une des merveilles du Dauphiné, est aussi souvent présenté comme le berceau de l’alpinisme.
Après quelques heures de marche, ponctuées d’explications sur la faune et la flore, nous arrivons à la bergerie des Chaumailloux, notre point de chute pour ces deux prochains jours.
Jour 2 – Traversée des hauts plateaux
Au réveil, surprise : il a neigé pendant la nuit. La neige est fraîche, abondante. Les conditions sont idéales.
Nous partons pour une boucle d’environ 9 km, avec près de 480 mètres de dénivelé positif. Le paysage est typique des hauts plateaux : dolines et petites collines enneigées. Encore un terme appris grâce à Robin. Ici, le relief est fait de creux et de bosses, sculptés par le temps.
La pause déjeuner se fait avec vue sur la Tête Chevalière, reconnaissable à sa silhouette particulière. Fromage, charcuterie, soupe chaude et thé à volonté. Simple et efficace.
En cours d’après-midi, le temps se couvre, mais l’ambiance reste bonne. Avant de rentrer au refuge, nous faisons un détour par le mémorial du Pas de l’Aiguille, en hommage aux résistants tombés ici en juillet 1944 face à l’armée allemande.
Jour 3 – Retour vers la vallée
C’est déjà le dernier jour. Le départ est matinal, sous un ciel redevenu dégagé.
On range, on nettoie le refuge et nous entamons la descente. Le temps de faire une photo de groupe à la croix du Pas de l’Aiguille, et nous voilà de retour au point de départ. Il est temps de se dire au revoir et de reprendre la route vers Bruxelles, avec la satisfaction d’avoir relevé ce premier défi.
Une expérience humaine
Au-delà de l’itinéraire et des kilomètres parcourus, ces trois jours ont aussi été une aventure humaine. Vivre en refuge impose un rythme commun : partager les tâches, aller chercher l’eau à la source, préparer les repas, faire la vaisselle, entretenir le feu, couper du bois…
Pour un premier trek, je n’avais pas forcément anticipé des conditions aussi spartiates. Pas d’eau courante, pas de douche, un confort très basique. Mais cela fait partie du jeu. Et finalement, cette simplicité crée une dynamique assez naturelle. On arrive comme 14 personnes qui ne se connaissent pas vraiment, on repart avec l’impression d’avoir vécu quelque chose ensemble.
Est-ce que je referais un trek en raquettes dans les Alpes ?
Oui. Sans hésiter.
Ce premier trek en raquettes dans les Alpes m’a apporté plus que ce que j’imaginais. Pas seulement sur le plan physique, mais aussi sur le plan mental. Il m’a montré que je pouvais sortir de ma zone de confort, affronter le froid, l’effort, l’inconnu… et y prendre du plaisir.
Je me suis aussi rendu compte que mes appréhensions étaient souvent plus grandes que la réalité. Oui, les conditions étaient rustiques. Oui, les journées demandaient un vrai effort. Mais rien d’insurmontable.
Est-ce que je recommande cette expérience ? Oui, à condition d’être en bonne condition physique et d’accepter un certain niveau de simplicité. Ce n’est pas un séjour “confort”. C’est une immersion en montagne hivernale.
Pour une première approche de la montagne en hiver, partir encadré reste, selon moi, la meilleure option. Cela permet de profiter pleinement de l’expérience, sans se laisser envahir par le stress de l’organisation.
Ce trek en raquettes dans les Alpes restera une première fois marquante. Et probablement pas la dernière.
Un grand merci à Laurène de Grand Angle pour l’invitation, à Robin pour son accompagnement tout au long de ces trois jours, et à notre groupe : Virginie & Pierre Alexandre, Claire & Olivier, Bernard, Gwen, Laurélen & Célia, Vincianne, Anaïs et Morgane pour la bonne humeur et les moments partagés.